Faut-il être bon en maths pour devenir pilote ?

Il est courant de croire que l’accès au métier de pilote militaire est conditionné à un niveau scientifique, et souvent spécifiquement en mathématiques, élevé.

Cette conception populaire est probablement le fruit d’une forte méconnaissance de l’existence des filières ALAT/EOPAN/EOPN pour devenir pilote, éclipsées par les grandes écoles militaire Saint Cyr, l’Ecole de l’Air, L’Ecole Navale, qui nécessitent le passage en classes préparatoires scientifiques mais qui ne constituent cependant pas le vivier principal de recrutement des pilotes militaires français (La majorité des pilotes sont en effet issus des filières d’officier sous contrat).

L’exigence en mathématiques pour ces officiers de carrière se justifie par la délivrance d’un diplôme d’ingénieur à l’issue du passage dans ces grandes écoles militaires.

Il convient donc de se pencher sur les conditions d’accès au métier de pilote militaire, via les sélections d’officier sous-contrat, pour mieux comprendre les exigences en la matière :

  • Justifier d’un niveau Bac au minimum (général, technologique ou professionnel)
  • Être de nationalité française
  • Avoir accompli sa Journée Défense et Citoyenneté (JDC – ex JAPD)
  • Être physiquement et médicalement apte
  • Se rendre en CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées) pour le dépôt du dossier

Ces conditions d’accès révèlent des prérequis académiques maigres sans mention d’une expérience scientifique quelconque. Ces conditions ne sont cependant que celles du dépôt de dossier auprès du CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées), porte d’entrée pour le passage des sélections de pilote.

Reflètent-ils réellement les exigences de réussite de ces derniers ? Qu’en est-il de la place des mathématiques dans l’exercice concret du métier de pilote militaire, une fois les sélections réussies ?

La réalité des sélections

Les différentes sélections EOPN, EOPAN, ALAT ont des exigences très similaires sur le niveau en mathématique.

ALAT :

Passage du TAMI-C (série d’épreuves psychotechniques interarmées, commun à l’ALAT et aux EOPN) qui comporte une épreuve de mathématiques puis passage d’un deuxième test de mathématiques pendant l’étape de sélection à Vincennes

EOPN :

Trois épreuves de mathématiques dont le TAMI-C, et deux autres épreuves pendant la semaine de sélections à Tours.

EOPAN :

Une épreuve de calcul mental durant les tests psychotechniques à Toulon.

Ces épreuves se rapprochent bien plus de tests d’arithmétique et d’aisance avec les chiffres que d’examens mathématiques complexes. En effet, la difficulté réside plus dans la gestion du volume des questions et la rapidité avec laquelle il faut répondre que dans la technicité de celles-ci.

  • Produit en croix
  • Trigonométrie
  • Calculs de conversions d’unités
  • Opérations de calcul mental (additions, soustractions, multiplications, divisions)
  • Pourcentages
  • Fractions
  • Règles de proportionnalité

En gardant à l’esprit que les sélections de pilotes restent ouvertes aux titulaires de baccalauréats général et technologique toute filière confondue, il ne sera pas demandé aux candidats la résolution de problèmes mathématiques excédant un niveau de seconde au lycée. En revanche l’aisance en calcul mental et dans la manipulation rapide des opérations basiques, est cruciale pour la réussite de ces épreuves.

Il est aisé de progresser dans ce domaine en s’entraînant régulièrement, et à l’avance, et en suivant des astuces techniques pour gagner en rapidité.

Ces épreuves de mathématiques (et de manière générale l’ensemble des tests psychotechniques) se veulent ainsi révélatrices d’un esprit logique et d’une capacité d’abstraction, pour distinguer les candidats aptes à poursuivre le reste de la formation exigeante de pilote et à exercer ce métier.

La réalité de la vie quotidienne des pilotes

Si les sélections ne sont pas une finalité en soit, mais le reflet des exigences du métier de pilote militaire dans son exercice, alors quelle est la place des mathématiques dans la vie quotidienne d’un pilote au sein des armées ?

S’il n’est donc pas nécessaire d’être issu d’une filière scientifique, il n’est pas non plus inutile d’être bon en maths et en physique pour un pilote. Cela peut même faciliter l’apprentissage de la théorie lors des différentes phases de formation et réduire ainsi en conséquence la charge mentale de l’élève pilote qui doit appréhender une grosse quantité d’information en un temps restreint.

Le domaine de l’aéronautique est en effet étroitement lié à la compréhension de phénomènes physiques et mécaniques, qui, bien que parfois éloignés de l’exercice concret du métier, sont nécessaires à l’accomplissement en toute sécurité d’une mission et à la maîtrise de son environnement.

Au quotidien, le pilote doit être familier avec des calculs bien spécifiques, qu’il doit être capable de réaliser sous une forte charge mentale dont par exemple :

Des calculs d’itinéraire, de trajectoire, de vitesse et de dérive selon les conditions météorologiques ; des calculs précis d’autonomie avec différents facteurs ; calculer la répartition du poids dans l’appareil, réussir à se situer dans l’espace.

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